Livre d'Or
  • Christine Martin FR
    tout simplement pour dire merci pour cette formidable visite d'ou te viennent toutes ces inspirations, soirée très agréable, pour les yeux et les papilles
  • marie-pierre et guy dexpert FR

    l'accueil est très sympatique,les creations originales rendent le lieu féérique.Nous hésitions à faire le parcours mais pour notre plus grand plaisir avons trouvé un univers insolite fait de personages  tout droit sortis de l'imagination fertile des artistes.Trés belle visite.Marie-Pierre et GUY

  • René Schérer FR

    Montagne magique

     

    Ecarter le rideau de la bruyère épaisse où l'on reste plongé jusqu'à mi­corps, emboîter ses pas dans le sentier raboteux, trébucher, suivre ses détours, ses méandres.

    Commence alors ce qu'il me plaîrait d'appeler « le parcours », à la Fourier : une suite progressive de plaisirs de découvertes accumulés.

    Un enchantement de forêt vierge, où soudain on se heurte aux pattes raides d'un échassier, où l'on voit se dresser un cou interrogateur, briller, inquiets, deux yeux vifs : héron, grue ou ibis, peu importe. Rien ne bouge. Pas plus le serpent qui ondule sur une branche, que le lézard qui se retourne, le singe qui se balance. Car tout est immobile, bien que tout soit vivant que tout, sans conteste, respire la vie.

    Vivant, mais bricolé, arraché aux détrituts des décharges, aux souches déracinées, aux découvertes minérales du hasard: tige, ressort, engrenage ou poulie ; verroterie, métal ou bois mort.

    C'est que l'oeil de lynx de Jean­Luc a su y déceler l'étincelle de l'âme, ses mains de sorcier, insuffler à ces matières amorphes, inanimées, la puissance du vivant.

    Démiurge en vérité, il donne la vie, rend littéralement sensible, visible, la formule d'Antonin Artaud d'un «  corps sans organe » auxquels les philosophes Deleuze et Guattari ont conféré une valeur de concept philosophique, concept éminemment fécond pour cette vie inorganique des formes qui est le propre de l'art ;

    Nous suivons notre parcours, dans ce véritable paradis terrestre, au sens grec du paradis (paradeison) qui est enclos ou parc animalier ; échappant encore à l'accolade de chimpanzés inattendus et du serpent familier d'Eve, pour finir sur le dos gris d'un crocodile de granit qui nous cligne de l'œil amicalement parmi les fleurs d'un potager qu'illuminent asters et capucines entremêlés.

     

    Art de bricolage, ai­je écrit, de rencontres ; mais dont les lettres de noblesse se sont inscrites dans la forêt équatoriale du Douanier Rousseau, dans le « Ballet mécanique » d' Oskar Schlemmer, qui enseigna au Bauhaus de Paul Klee, deWladimir Kandinsky.

    Schlemmer qui, à la manière de Kleist avec ses marionnettes, qui logeait leur âme en leur centre de bois, logeait celle de ses danseurs parmi les enveloppes métalliques dont il les revêtait.

    Dans les détritus dont tu les composes, n'est­ce pas également, cher Jean ­Luc, non seulement la matière des corps animaux que tu traites, mais leur âme ?

     

    Écrit pour Jean­Luc le 18 octobre 2016, qui, dans le calendrier Romain est fête de Saint Luc.

     

    René Schérer,

    >Paris, le 18 octobre 2016